ANDRÉ | Récit d’un monsieur comme tout le monde pas comme les autres.

André, c’est de la déconne, de la passion et surtout un courage hors du commun. C’est dans son fief, son exceptionnel établissement « La Cagouille » que nous reçoit André. Dédé, comme ses proches s’amusent à l’appeler, c’est avant tout un de nos clients historiques. Cet ultra-trailer qui se passionne pour le dépassement de soi incarne la modestie et la discrétion, mais ce coup-ci Dédé, on est obligé de te placer dans la lumière.

À 28 ans, tu t’engages plein d’abnégation dans l’un des projets de ta vie – prendre la direction et la gestion de la Cagouille – . Quelques 30 années sont passées par là et on connait la suite … La Cagouille est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs établissements de la gastronomie parisienne. Des patrons du CAC40, aux stars du show-bizz en passant par les amateurs de bonne bouffe qui souhaitent se régaler avec un merveilleux filet de dorade accompagné d’un joli coco comme tu le surnommes (comprenez un excellent cognac), tout le monde vient chez toi. Quand l’on te demande la recette miracle pour arriver à satisfaire ta clientèle ultra-exigeante, tu n’as qu’une seule réponse et tu insistes dessus : « C’est eux qui te choisissent« . Permets nous de penser que ton sens du relationnel, le savoir-faire de ton équipe et l’ambiance que tu as instaurée dans ton établissement y sont fortement responsable. C’est avec ce même état d’esprit que tu as commençé à te passionner pour la course à pied.  Cela fait quelques temps que nous voulions recueillir ton témoignage car ta fidélité à la boutique n’a jamais failli mais aussi et surtout parce que ton expérience de sportif est fascinante. Aujourd’hui, tu es pour la deuxième fois finisher de la Diagonale des Fous, cette course qui symbolise tant les combats que tu as menés dans ta vie.

Il y a 1 mois, André finissait donc son second Grand Raid de la Réunion. La Diagonale des Fous comme on l’appelle également de façon beaucoup plus explicite, est l’une des courses les plus dure au monde. 164,600km à travers l’ile de La Réunion et plus de 9,576km de dénivelé positif. Considérez que lorsque vous faites un 10km sur route, André l’a fait à la verticale, en rajoutant 165km à l’horizontal. Cela donne le vertige.

La première fois où il avait réussi à dompter cette majestueuse course, c’était il y a 13 ans, en 2004, alors que le parcours ne faisait pas moins de 140km. Il avait pris goût à la course à pied quelques années auparavant et s’était testé sur un 10km, le semi de Paris et le marathon de Paris. Sans prendre conscience que la course était un mythe en devenir, il aborda cette épreuve comme ses 6 autres futurs départs : aux côtés de sa famille, ses amis et en quête de partage et d’accomplissement.

“ J’avais la tête d’un mec qui sortait de prison. “ 

 

Après avoir réussi sa première tentative et être défintivement tombé sous le charme de cette épreuve, André s’aligne 5 fois sur la ligne de départ sans parvenir à finir “La première fois, je ne savais pas que c’était une course impossible à finir. Donc je l’ai terminé !“. Avec 3 entrainements par semaine en moyenne – quelques sorties dans la forêt de Meudon et d’autres sur les marches de Montmartre – il estime que la plupart de ses échecs proviennent de la peur face aux difficultés répétées. C’est un combat physique qui devient psychologique.  À plusieurs reprises, avant d’entrer dans le cirque de Mafate qui se situe à plus de 100km de course et qui constitue une des plus grosses difficultés, André bache. Peur de rentrer dans ce cirque où aucune route ne passe, qui pourrait s’apparenter à un tombeau. Aucune issue à part l’entrée ou la sortie, à prendre uniquement à pied, en étant dans la course ou en ayant abandonné. Et ici, “la carte bleue ne sert à rien, l’hélico il vient te chercher si t’as la jambe pétée. C’est tout !“ Au fur et à mesure de ses échecs, il se rapproche de l’idée de ne jamais abandonner car l’abandon est un choix. Et quand il prend le choix d’abandonner, il n’a qu’un seul constat : “J’abandonne comme une merde. Mais ça tu ne le sais qu’après !“. Une nouvelle mentalité se dessine dans son approche de ses courses – soit c’est la course qui t’arrête (les barrières horaires), soit tu vas au bout – . Cette année, André se lance dans Mafate et en ressort le lendemain après avoir été émerveillé par ce décor majestueux fait de roches et de montagnes  éclairées par des centaines de lampes frontales fuyardes. Il part ensuite en direction de Saint-Denis pour les dernières heures de course, et fait l’expérience de plusieurs hallucinations sans avoir pris de LSD mais avec de simples compotes de pommes et surtout quelques heures de sommeil en moins (1 heures 42 montre en main d’assoupissements pour 61 heures de course). Certains de ses copains d’aventure ont donc eu le plaisir de l’entendre demander quel était le but de cette randonnée ! Malheureusement, ce n’était pas une randonnée mais une course contre-la-montre, une course contre la barrière horaire qu’il passera à 16 secondes à l’école de Roche Plate au bas du Maïdo. Il lui restera alors 45km à faire en 25 heures pour retrouver sa femme Isabelle, ses deux compagnons d’aventure Laurence et Patrick (arrêtés par les barrières horaires), et son beau frère Gilles qui a décidé de prendre l’avion quand il s’est aperçu de Paris qu’André allait enfin finir cette foutue course.

 

André, qui nous a aidé à rectifier certaines fautes d’orthographe, a tenu a rajouter personnellement de grands remerciements à ces quatres soutiens qui lui permis de tenir …

  “ Tu as plus de raisons d’échouer que de réussir. C’est pour ça que c’est un exploit “.

André repart de La Réunion pour la seconde fois avec le tee-shirt jaune du Grand Raid dans ses valises, 13 ans après son premier. Ce tee-shirt sur lequel est brodé – J’AI SURVÉCU – , ce tee-shirt “ qui ne s’achète pas “ selon sa belle-soeur (3 fois finisheuse de ce mythe), ce tee-shirt qu’elle lui a ramené à l’hôpital en 2008 quand André était confronté à un cancer (un autre genre d’ultra-trail), en lui disant “ un jour, on y retournera “. Aujourd’hui, André a survécu une nouvelle fois. Une troisième fois.

ANDRÉ ET LA DIAGONALE DES FOUS

par Endurance Shop Paris | piste audio

Endurance Shop Paris

14, rue de l’Ouest, 75014

01 . 43 . 27 . 15 . 65

paris@enduranceshop.com

Mentions légales

Nos horaires

Lundi : 12h – 19h

Mardi | Mercredi | Vendredi : 10h30 – 19h

Jeudi : 10h30 – 20h

Samedi : 10h – 19h30

Share This